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mercredi 22 octobre 2008

Ch 5 - Partie 1 : Le Souvenir de l'Italienne

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CHAPITRE 5 : VITTORIA
PARTIE 1 : LE SOUVENIR DE L'ITALIENNE
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Le Nephilim avait été transformé à la tour CROFT par la voie des airs. Un hélicoptère privé, piloté par Lara elle même, s'était posé, une heure auparavant, au sommet de la tour et le Lux avait transféré la créature dans une salle sécurisée. Transportée sur un brancard, une bâche noir la dissimulant aux yeux des employés de la tour, elle avait été découverte aux yeux de Vittoria très récemment.
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Lara et Vittoria se trouvait dans une pièce sombre, illuminée par une très forte lumière blanche, une table d'autopsie séparant les deux femmes. Une vitre blindée les séparait des autres membres du Lux. Des scalpels tranchants étaient placés par tailles sur une table à peine plus haute que celle d'autopsie. Cette dernière était recouverte de la fameuse bâche et on devinait la forme d'un être dessous. Les deux femmes étaient vêtues de blanc et paraissaient illuminées par la lumière.
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Vittoria était la seule femme du groupe mais, malgré les préjugés qui pouvaient circuler, elle était celle qui avait le plus d'aptitudes : elle avait fait ses études de chirurgie dans la plus grande université de Rome et avait eu son diplôme, qu'elle avait amplement mérité. Mais cela ne lui avait pas suffit : elle voulait avoir des connaissances en tout ! Après avoir passé une année à étudier complètement l'art, elle était partie en France où elle avait appris la langue française durant 9 mois, et avait tellement aimé cet apprentissage qu'elle en avait oublié de parler italien.
Puis, elle était partie à Londres où elle appris l'anglais. À 25 ans, Vittoria avait une très bonne connaissance de trois langues, de la chirurgie et de l'art. Elle était chrétienne et avait pris grand plaisir à analyser les œuvres que l'on pouvait trouver au Vatican. Elle ne savait combien d'heures elle avait passé à analyser chaque détail du plafond de la chapelle Sixtine, dont l'immense fresque avait été peinte par le grand Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni plus connu sous le nom de Michel-Ange. Les traits étaient fins et les couleurs, bien que plus claires qu'à l'origine suite à la restauration que la fresque avait subit, étaient tout simplement magnifique. Elle avait été fascinée par cet homme, faisant des recherches sur sa biographie. Ce qui l'avait étonnée, c'était le fait que l'Église avait fait appel à lui pour décorer la chapelle, alors qu'il était homosexuel, les pratiques sexuelles entre hommes étant interdites dans la religion chrétienne. Bien qu'elle fut très catholique, le fait qu'un homme adepte de la sodomie ait pu avoir tant de célébrité ne lui gênait guère, ayant appris la tolérance dès son plus jeune âge. D'ailleurs, elle avait fait une petite remarque un jour à un homophobe qui déclarait vulgairement à qui voulait entendre que les « pédés » étaient vraiment inférieurs aux hétéros dans tous les domaines. Aimablement, gardant une voix calme, elle avait dit :
- Vois-tu, aussi étrange que cela puisse paraître, ce sont les homosexuels qui ont toujours prouvés qu'ils étaient géniaux : Leonardo Da Vinci est incontestablement l'inventeur le plus respecté par ses travaux et il a démontré qu'il était meilleur que n'importe quel hétéro !
Vittoria était ouverte d'esprit depuis sa plus tendre jeunesse, aussi elle ne supportait pas entendre un certain James Scott sortir de sa bouche des insultes infâme envers la femme. Hélas, les hommes qu'elle avait côtoyés avaient toujours ce côté macho qu'elle détestait tant.
Puis, lors d'un séjour à Venise, dans lequel elle avait visité la basilique Saint Marc, elle avait rencontré Matteo, un charmant italien. Il n'avait pas fallu une heure pour que Vittoria comprenne qu'elle en était amoureuse. Une nuit, alors qu'il l'avait invité au restaurant, ils remarquèrent que le phénomène de marée très connu par le fait qu'il touchait Venise, l'Acqua alta, avait causé l'inondation de la place Saint Marc.
Enchantée par un spectacle aussi rare, elle l'avait entraînée sur la place en riant comme une enfant. Puis, alors qu'ils avaient plongés leurs regards dans le leur, Vittoria lui avait dit :
- J'ai quelque chose à te dire, mais ce que tu vas entendre, ce n'est pas de moi.
Sous le regard interrogateur de Matteo, elle avait continué :
- Il s'agit d'un poème que Michel-Ange, mon artiste préféré, avait écrit pour l'homme qu'il aimait. Je l'ai appris par cœur pour toi.
Se donnant du courage, elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Puis, elle prononça les mots, d'une voix douce, et chaque phrase qu'elle prononçait semblait sortir de sa bouche comme un chant antique.
« Avec vos beaux yeux, je vois une douce lumière, que je ne peux plus voir avec mes yeux aveugles. Vos pieds m’aident à porter un fardeau que mes pieds perclus ne peuvent plus soutenir… Par votre esprit, au ciel je me sens élevé… En votre volonté est toute ma volonté. Mes pensées se forment dans votre cœur, et mes paroles dans votre souffle. Abandonné à moi-même, je suis comme la lune, que l’on ne peut voir au ciel, qu’autant que le soleil l’éclaire. ».
Bien que le texte représentait l'amour d'un vieil homme pour un jeune, l'esprit amoureux était là, car Matteo avait sourit, s'était approché d'elle, et avait avancé son visage vers le sien, de façon à ce que leurs lèvres se touchent, unissant deux corps étrangers qui s'aimaient.
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Ils avaient passés une nuit d'amoureux dans le plus bel hôtel de la ville. Amour et l'érotisme n'avait formé plus qu'un durant la nuit et ce fut les lueurs du soleil qui tirèrent Vittoria de son sommeil. Elle ne sut pas où elle était lors des premières secondes. Si elle se basait aux rayons du soleil, il devait être neuf heures du matin. Elle remarqua alors qu'elle était nue, des draps de soie la recouvrant. La chaleur d'un autre se faisait sentir à ses côtés. Elle se souvint alors de Matteo, l'homme qu'elle aimait. Le seul féministe qu'elle eu jamais rencontré. Elle se tourna vers lui et remarqua qu'il était caché sous les draps. Vittoria ne pu résister à l'envie de le voir dormir. Elle n'avait pas remarqué la teinte rouge qu'avait pris l'oreiller de l'homme durant son sommeil. Elle avait tiré le drap et avait hurlé, horrifiée par le spectacle d'horreur auquel elle venait d'assister. Ce n'était plus Mat qui était là, où alors il était méconnaissable. Son corps était troué de coups de couteaux et quatre couteaux étaient enfoncés dans sa tête. Un dans le front, un dans la bouche, et les deux autres perçant ses yeux. Sans s'arrêter de crier, Vittoria était sortie de la chambre sans prendre la peine de s'habiller, cherchant de l'aide.
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« Il s'agit d'un crime sadique ! Avaient dits les journalistes. La victime, du nom de Matteo Francesco, a été poignardée 126 fois au ventre, et on lui a planté des lames dans les yeux, dans le front et dans la bouche. La victime avait été paralysée durant son sommeil et le médecin légiste pense qu'il s'était réveillé durant l'attaque, ne pouvant bouger ou émettre un bruit. Qui plus est, sa verge et ses bourses ont été sectionnées. Si la femme avec qui monsieur Francesco a passé la nuit, répondant au nom de Vittoria Balletti, a été suspectée et mise en garde à vue, le légiste a aussi indiqué que la force de mademoiselle Balletti n'aurait pas permit d'enfoncer si profondément les lames. »
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Lorsqu'elle fut relâchée, la jeune femme avait airé dans la ville tel un spectre, sans destinations précise. Elle marchait devant une épicerie lorsqu'elle avait brusquement perdu l'équilibre et était tombée sur les genoux. Pourquoi elle venait de subir ça ? L'assassin était un homme mais il n'avait pas laissé d'indices qui aurait pu déterminer le nom de cet enfant de salaud. Par la suite, jamais il ne fut retrouvé et jamais on ne connu les motivations qui le poussèrent à tuer Matteo. Mais Vittoria ne pensait plus qu'à la douleur qu'elle éprouvait, se fichant des motivations de ce fumier. Alors qu'elle pleurait, dans la même position, elle sentit une profonde angoisse monter en elle, terriblement plus forte que celles qu'elle avait éprouvé jusqu'à présent. Étrangement et brusquement, elle eut mal aux yeux, ayant l'impression qu'on les lui brulait. Poussant un hurlement de douleur, elle mit ses mains sur les paupières qu'elle venait de fermer. Espérant en vain que la douleur s'arrête, un jeune homme tenta de lui porter secours.
- Mademoiselle...commença t-il.
À cet instant, Vittoria leva la tête brusquement vers lui, les yeux ouverts. Sans comprendre ce qu'il se passait, le jeune homme vit les yeux bleus de Vittoria prendre une teinte jaune. Elle lui cria alors avec une voix qui n'était pas la sienne :
- T'es qui, toi ? M'approche pas !
Le jeune homme ne sut jamais ce qu'il lui était arrivé mais soudainement, une force invisible l'avait projeté en arrière. Le ciel bleu était devenu sombre, tout à coup, et un éclair frappa Vittoria qui sembla s'illuminer. Poussant un hurlement plus fort que le précédent, elle renvoya l'énergie qu'elle venait d'absorber autour d'elle, contre les bâtiments qui explosèrent et contre des personnes qui, eu, n'avaient pas eu la chance de survivre. La dernière énergie qu'elle envoya fut sur le bâtiment qui était à côté d'elle. N'arrivant pas à se contrôler, elle envoya un éclair contre la structure qui commença à s'effondrer sur elle. S'attendant à recevoir des briques sur la tête, Vittoria avait fermé les yeux pour ne pas voir la mort. Mais le choc n'arriva jamais. En ouvrant les yeux, Vittoria remarqua qu'elle n'avait plus mal mais plus étrange encore : en levant la tête, elle vit qu'une sorte de plafond invisible avait empêché la jeune femmes de se faire écrabouiller. Alors qu'elle se posait tout plein de questions, une silhouette se dirigea vers elle. Cette silhouette, un homme, dans la vingtaine, habillé d'un costume noir, impeccablement rasé et très bien coiffé, tendait de façon étrange son bras vers les roches et les faisait abaisser autour d'eux. Une fois cette tâche faite et une fois assuré qu'il n'y avait personne autour d'eux, l'homme s'agenouilla et, avec un sourire, murmura :
- Bonjour, Vittoria, je m'appelle Kurtis.
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