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mardi 21 octobre 2008

Ch 7 - Partie 2 : Double-Sens

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CHAPITRE 7 : LE BAL
PARTIE 2 : DOUBLE-SENS
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Viktor Stanislas venait de pénétrer dans la salle, accompagné d'une dizaine de personnes. Alors que son regard était plongé dans les yeux de Lara, Kurtis l'avait senti aussi. Le cœur battant, il avait senti une aura puissante. L'œil lui avait transmit beaucoup de forces et il l'a ressentait. Tournant son regard vers le nouvel arrivant, il remarqua qu'il était entouré d'un halo de lumière verte. Les hommes qui l'accompagnaient étaient soit entouré d'un halo de lumière rouge, soit pas entouré du tout.
- Que se passe t-il ? Demanda Lara.
- Il est arrivé, murmura t-il. Il est accompagné de quatre humains et de six Nephilims.
- Il a donc des alliés humains, en conclut Lara. Excuse moi, je m'en vais l'accueillir.
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La jeune femme avait son esprit fermé et avançait dans la direction de Stanislas. Elle n'avait pas peur. Cet homme, qu'il fut grand, ayant des pouvoirs obtenus par le biais d'une relique plusieurs fois centenaire, et accompagné de créatures ignobles qui avaient tué ses parents, ne l'impressionnait guère.
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- Lara Croft, dit Stanislas, en lui baisant la main. Vous êtes resplendissante !
Lara lui adressa un sourire, cachant totalement ses émotions.
- Je rencontre enfin Viktor Stanislas, dit-elle. Mon voisin et certainement un adversaire en matière d'archéologie.
- Pourquoi devrions nous être ennemis de la sorte ? Demanda Stanislas.
- C'est inéluctable, répondit-elle. On ne peut cohabiter en tant que deux grandes sociétés, on se ferait la guerre sans arrêt pour obtenir une quelconque relique. C'est le triste destin des archéologues.
Stanislas poussa un grand rire. Lara avait remarqué que son anglais était parfait. Il devait savoir parler plusieurs langues sans accent.
- Depuis combien de temps programmez vous de racheter la Tour VCI ? Demanda l'archéologue.
- Depuis pas mal de temps ! Répondit simplement Stanislas. Tout à réellement commencé, il y a deux ans. J'étais auparavant le détenteur de la société de mon défunt père en Russie. Mes actions en bourse étaient fortement élevées jusqu'au jour où ma société a été l'objet d'un attentat terroriste. Un groupe qui était contre la politique de l'époque a trouvé bon de se faire entendre en plaçant des bombes dans ma société. Des gens ont survécus mais ma femme a eu le malheur de me rendre visite ce jour là...
Il resta silencieux. Lara, quand à elle, sut monter une certaine appréhension en elle. Disait-il la vérité ? Pourquoi raconterait-il un tel mensonge ?
- Désolée... dit-elle seulement.
- Ne le soyez jamais, Miss Croft ! Répliqua soudainement Stanislas. Dire sans arrêt que l'on est désolé équivaut à porter le monde sur son dos ! Nous ne sommes que des humains alors évitons de nous prendre pour Dieu !
Lara fut intriguée par ce qu'il venait de dire. Il cachait son jeu. Il tentait de faire penser des choses alors qu'il songeait au contraire. Lara n'aimait pas perdre à ce genre de jeux. L'invitant donc à danser, elle lui demanda avec un air de défi :
- Vous pensez donc que l'homme ne doit pas jouer à Dieu ? Mais pourtant, c'est ce que vous faites, monsieur !
Sans arrêter la valse qu'ils avaient entreprise, Stanislas fonça les sourcils.
- À quoi faîtes vous référence, Miss Croft ? Demanda t-il.
- Vous le savez bien, Stanislas ! Répondit-elle. En nous aventurant dans des temples, nous risquons tous les deux de contrer l'œuvre de Dieu en libérant une entité qui pourrait s'avérer dangereuse pour notre survie à tous !
L'homme poussa un grand rire. Devant l'air perplexe de Lara, il annonça :
- Werner Von Croy m'a dit un jour que votre curiosité vous avait sauvé mais avait aussi faillit vous tuer. Dîtes-moi, Lara, qu'est ce que cela fait de se retrouver devant une réincarnation de Seth ?
- Vous connaissiez Von Croy ? S'étonna Lara. Vous lui avez parlé de son vivant ?
- Non, malheureusement, il m'a juste écrit des lettres. Alors que mes proches étaient morts et que je me suis engagé dans la recherche archéologique, j'ai eu besoin d'un – il sembla chercher ses mots – d'un père spirituel. Il m'a appris ses connaissances et nous avons travaillé par courriers, nous consultants sur les reliques à retrouver. Il m'a fait part de reliques plutôt intéressantes : les Peintures d'Obscura, vous connaissez ?
Lara eut un petit sursaut mais le cacha sous un air intéressé.
- J'en ai entendu parler mais je ne les ai jamais retrouvées, annonça t-elle. Elles abriteraient chacune un morceau du Sanglyphe, dont vous avez entendu parler, je suppose ?
- Oui, mais Von Croy pensait que les peintures, en plus de cacher les morceaux du Sanglyphe, servaient d'énigme à double sens.
Lara fronça les sourcils, à son tour. Jamais elle n'avait entendu parler de cette énigme. Une pensée soudaine vint en tête de la jeune archéologue. Est-ce que les Peintures d'Obscura avaient livrées tous leurs secrets ?
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- C'est à toi, Kurtis ! Annonça Max par des signes.
Kurtis acquiesça d'un signe de tête et se dirigea vers la sortie sous les regards attentifs des Veritatus. Il savait ce qu'il avait à faire : il devait sortir de la tour Croft pour s'infiltrer chez Stanislas. Il devait absolument aller dans le bureau du directeur et accéder à son ordinateur. Cela devait-être rapide et sans éveiller des soupçons. Une soirée difficile commençait.
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Lara était toujours intriguée par la révélation de Stanislas. Les peintures avaient certainement un lien avec l'œil du Lux. Maintenant, il s'agissait de faire cracher le morceau à Stanislas.
- Je n'ai jamais entendu parler de cette histoire d'énigme à double-sens !
- Évidemment, c'était un projet secret sur lequel Von Croy et moi avions commencé des recherches. En plus de cacher les morceaux du Sanglyphe, les peintures cachaient d'autres reliques. Elles étaient au nombre de trois, trois reliques d'une puissance extrêmement dangereuse liées aux Nephilims, ces êtres qui sont citées dans le livre d'Hénoch. Les cinq peintures représentent un lieu précis qui mène aux lieux de repaires ou de repos du Lux Veritatis, une société secrète au même titre que les Templiers ou les Illuminés de Bavière.
À cet instant, ce fut la peur de l'inconnu qui frappa Lara.
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Kurtis avait bien regardé. Il n'y avait pas de Nephilims à l'entrée de Darkness Corporation. Où étaient-ils tous ? Kurtis se demanda soudainement si Stanislas avait tout calculé à l'avance. Avait-il demandé à ses hommes, humains ou monstres, de se retirer de leurs postes pour tendre une embuscade ? Ils n'y avaient pas songer plus tôt mais peut-être Stanislas avait deviné leur plan ? Non, ce n'était pas possible ! Ils avaient veillés à ne pas faire de fuites ! Prenant une profonde inspiration, il se dirigea vers l'entrée de la tour. Il poussa la porte vitrée et pénétra dans l'enceinte de l'immeuble. Il regarda tout autour de lui et vit qu'il n'y avait personne. Ses doutes semblèrent partir lorsqu'il fit le tour de l'accueil, allant derrière l'unique bureau qui se trouvait dans la zone. Il y avait un ordinateur allumé, un économiseur d'écran représentant le logo de la compagnie sur un fond noir masquant le bureau virtuel. Le jeune homme bougea la souris et l'économiseur fit place à un faible nombre de dossiers. Mais les bénéfices de la société ne l'intéressait guère et Kurtis chercha dans le moteur de recherches du réseau ce qui pourrait l'aider à pénétrer dans la zone qu'il comptait explorer. Ce fut une vingtaine de minutes plus tard qu'une bonne cinquantaine de fichiers apparurent à l'écran. Les plans de l'immeuble. Kurtis était certain que Stanislas logeait dans un appartement qui était également son bureau, à l'instar de Lara, au dernier étage mais il ne connaissait pas le chemin pour y aller et il ne se souvenait que trop bien les risques qu'il avait encourut au Strahov, dans le Sanatorium, en cherchant à l'aveuglette, sans plans. Il ne prit pas la peine de consulter tous les fichiers et passa directement à ce qui semblait être le dernier étage, le 54ème. Effectivement, il vit marqué : BUREAU DU DIRECTEUR, or cela ne pouvait être que Stanislas. On accédait à son bureau par un ascenseur protégé par un scanner rétinien, lequel montait jusqu'au dernier étage. Pour rouvrir les portes de l'ascenseur, il fallait composer un code à six lettres. Ensuite il fallait longer le couloir, jusqu'à arriver devant la porte du bureau. Comment celle là était protégée, Kurtis n'en savait rien mais il improviserait le moment venu. Sans en attendre davantage, il prit bien soin d'effacer ses traces sur le PC, après avoir rigoureusement enregistré dans sa mémoire les plans qui lui étaient nécessaires et avança dans le couloir de gauche, priant pour ne pas tomber sur un Nephilim.
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- Que se passe t-il, mademoiselle Croft ? Demanda Stanislas, intrigué par l'étrange comportement de Lara.
- Viktor, que représentent les peintures ? Et pourquoi m'en parlez-vous ?
Stanislas parut étonné par la franchise de Lara. Il avait éveillé son instinct d'archéologue et il le comprenait parfaitement.
- Lara, dit-il en arrêtant de danser. J'aimerai beaucoup que vous m'aidiez dans mes recherches. Vous êtes une femme intelligente, vous avez beaucoup d'expérience en matière d'archéologie et c'est pourquoi je fais appel à vous.
- Je ne comprends pas, vous êtes un archéologue vous aussi, alors pourquoi faire appel à moi ?
- Je... Enfin... balbutia Stanislas. Les pouvoirs des reliques sont impressionnants... Ils sont durs à maîtriser pour un homme seul... Mais vous... vous êtes forte ! Vous avez toujours réussi à vous tirer de n'importe quelle histoire ! Moi, je ne suis pas fort !
Il haussa le ton de façon brutale et Lara fut étonnée de lire de la peur dans ses yeux. Quelques personnes s'étaient tournées vers eux avec des yeux ronds lorsqu'ils entendirent Stanislas lancer sa plainte.
- Je ne comprends rien ! S'exclama Lara en ne le quittant pas des yeux.
- Je ne peux pas lui résister, continua Stanislas, au bord de la crise de nerfs, il est trop fort pour moi ! Il contrôle tout ce que je fais, il m'observe et il a déjà un morceau de « l'Oeil » !
Jamais Lara n'aurait pu penser à un tel retournement de situation ! Stanislas, l'homme qu'elle pensait être fou à lier, était contrôlé par quelqu'un d'autre ?
- Qui vous contrôle, Viktor ? Demanda la pilleuse de tombes. Dîtes moi, qui vous manipule sinon je ne pourrais jamais vous aider !
Stanislas la regarda avec un regard plein de pitié. Il ouvrit alros la bouche et prononça faiblement deux mots.
- Daemon Flamma, murmura t-il.
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